lundi 12 septembre 2016

Ce jour où j'ai renoncé à l'édition traditionnelle

Chers lecteurs, chères lectrices,
C'est officiel, avec la sortie de mon dernier roman sur l'Inde, je renonce au démarchage traditionnel des maisons d'édition. 
Je crois que je ne suis pas la seule dans ce cas, et je vais vous expliquer mes raisons. 

Pendant longtemps, j'ai cru naïvement, qu'un bon roman trouverait son éditeur. Je savais qu'Harry Potter avait essuyé 20 refus et que Verlaine avait édité ses Poèmes Saturniens à compte d'auteur. 
Peu m'importait. Un écrivain sans éditeur ne pouvait être dans ma tête qu'un mauvais écrivain.

Et puis je me suis frottée à la réalité. 
J'ai écrit un premier (mauvais, reconnaissons-là, quoiqu'il a su trouver ses fans) roman qui a naturellement été refusé partout. 
Ce texte, ce sont mes gammes. J'ai appris à écrire en écrivant et j'en suis fière ! C'est la raison pour laquelle Le Bouton est toujours en vente. Il paraît qu'il y a de bons passages et qu'il faut passer le début. 

Ensuite, j'ai écrit le texte auquel je crois beaucoup, La Vie ailleurs. 
Que le texte soit bon m'a été confirmé par une maison d'édition très exigeante qui me donne un motif dans son choix de ne pas m'éditer, lequel n'a rien à voir avec la qualité du récit. 
J'ai bossé dur pour celui-là, sans doute a-t-il encore des défauts, peut-être ne séduira-t-il pas le public. Je l'ignore, mais je suis profondément convaincue que le texte est bon et mérite d'être édité. 

Alors pourquoi renoncer à l'édition traditionnelle et me tourner vers l'auto-entrepreneuriat ? 


D'abord, le coût d'envoi d'un manuscrit à une maison dépasse de loin les 10 euros par copie, à moins d'habiter à Paris et de les déposer à la main. 
5 euros de frais d'envoi + 5 euros de frais d'impression... 
J'ai déboursé 400 euros pour le premier et n'ai pas compté pour le second. Tout cela pour recevoir des lettres-type "cela ne correspond pas à notre politique éditoriale" quand un coup d’œil dans la liste des produits édités me confirme que si, ça correspond, et même très bien. 
Pour moi qui envoyais mes manuscrits d'Allemagne et qui suis maintenant en Australie, je ne peux plus jouer à ce petit jeu d'envoi et de retour... 

Ensuite, les maisons d'éditions sont saturées. Nous sommes des milliers sur le marché à rêver de gloire et de publication. Ce ne sont absolument pas les meilleurs qui gagneront le loto, enfin si pour certains, heureusement, mais pas pour tous. 
Quand vous vous promenez dans le rayon des libraires, vous trouvez de très bons livres (heureusement !) mais aussi un certain nombre de très mauvais, voire très, très mauvais... 
Pour ma part, je ne lis plus que sur conseils avisés d'amis ou de famille et je ne me fie surtout pas au best-seller d'un auteur à succès qui a écrit un jour un, deux ou trois excellents romans et qui depuis publie un torchon par an. Je comprends que la notoriété joue beaucoup. Je respecte cela. C'est le jeu. Un grand éditeur travaillera toujours avec un écrivain connu parce que c'est un gage de réussite et de bonnes ventes. Et je suis admirative de beaucoup de talents. 
Volontairement, je ne citerai pas de nom, ne souhaitant pas entrer dans la critique de l'un ou de l'autre. 

Enfin, j'en ai assez qu'on me prenne pour un pigeon. 
Une maison m'a dit que le livre est bon mais ne les intéresse pas. Ce sont les seuls à qui je continuerai d'envoyer mes textes, parce que j'ai eu le sentiment d'être respectée, y compris lorsque j'ai envoyé mon premier manuscrit au sujet duquel on m'a répondu qu'il était franchement mauvais... 
Une autre m'a dit qu'ils sont désolés mais se portent trop mal et ne publient que deux livres par an. Je suis navrée pour eux, vraiment. Que puis-je répondre à cela ? 
Un nombre incalculable me répond "merci, mais cela ne répond pas à notre politique éditoriale". Sérieusement, on paye des comités de lecteurs au centime, c'est dur d'ajouter une phrase perso ? Je ne sais pas, moi "le sujet n'intéresse personne", "vous écrivez trop lourdement à notre goût", "on n'aime pas votre photo sur la page de garde" n'importe quoi qui donne une explication ? 
Et le pire, ce sont les maisons d'édition à compte d'auteur déguisé... De bonne foi, j'envoie mon manuscrit à un grand éditeur, qui publie pleins de textes proches du mien. 
Je saute de joie en recevant une réponse positive, tout en restant méfiante et je découvre en lisant le contrat que c'est un compte d'auteur déguisé. Remarquez, le prix demandé n'est pas dément, comparé au prix d'envoie d'un livre à 20 maisons différentes. 
Donc je renonce. Voilà. 


Et j'ai autant de bonnes raisons de me lancer en autoentrepreneur. 
- Grâce au numérique, mes textes sont mis au même niveau que ceux des grands. 
- Je garde mes droits sur tout ce que je publie et les redevances sont beaucoup plus intéressantes que celles d'un contrat traditionnel, puisqu'il n'y a quasiment pas d'intermédiaire dans la distribution. 
- Je reste proche de mes lecteurs et suis toujours à l'écoute de ce qu'ils ont à me dire. Pourquoi écrit-on ? Pour être lu, c'est ça le plus important ! 

Je ne dis pas que je ne chercherai plus jamais à me faire éditer, et si demain on me contactait pour cela ou que je gagnais un concours, je sauterais de joie et aurais la sensation de gagner ma place auprès des grands. En attendant, internet m'offre la possibilité d'être publiée en petit exemplaire et je préfère me tourner vers cette voie. 



samedi 10 septembre 2016

La Vie ailleurs, enfin disponible


Mon dernier roman vient de paraître ! 


Pour fêter l’événement, le titre sera disponible à partir de demain, dimanche 11 septembre 2016, 20 heures (peut-être un peu avant) et pendant une semaine entière au tarif imbattable de 0,99 euros ! 
Attention, ensuite, il passera à 3,99 euros. 
Pour le moment, c'est la version électronique Kindle. Pour la version papier, il faudra attendre encore quelques mois. 
Et je vous rappelle que vous pouvez installer gratuitement sur n'importe quels ordinateur, tablette ou téléphone, le logiciel de lecture sans posséder de Kindle. 
Alors, si vous voulez me lire ou juste m’encourager à me faire connaître, c’est le moment où jamais ! 
Pour en profiter, cliquez là !




Résumé : 

Frank et son épouse sont envoyés en Inde avec un contrat d'expatriation de trois ans. 
Alors qu'ils s'arrachent les cheveux, lui dans son boulot, elle à gérer le quotidien, ils rencontrent des personnes fascinantes qui vont bouleverser leur existence. 

De l'intouchable au riche Indien, en passant par l'expatrié colonialiste et le voyageur passionné, le texte fait découvrir l'Inde sous de multiples facettes. 

Histoire d'amour, mariage arrangé, drame familial, réalité du quotidien, choc culturel, destin de femmes, solitude et espoir... Les récits s'entrecroisent pour peindre la vie ailleurs. 

Extrait : 

"Quand Baptiste a mis le pied hors de l’aéroport, ce qu’il a vu l’a surpris. C’est comme à la télé, dans les reportages. Ils sont des centaines, collés les uns aux autres, à transpirer dans la chaleur étouffante. Certains sont assis sur le sol, certains adossés à la barrière de sécurité. 
Il se retourne vers sa femme, Pénélope, qui sans rien dire semble penser la même chose que lui. 
C’est un mélange de couleurs, de style, de tout. Des vieux, des jeunes, des femmes enceintes, des grand-pères, des enfants, des saris de toutes les couleurs, des tissus sales, du coton beige, des chemises… L’odeur lui paraît épouvantable, un mélange de sueur, de pollution, de pétrole. Ça hurle de partout, on s’appelle dans tous les sens : 
— Taxi, M’sieur ? 
— Hôtel, M’dame ? 
— Bagages, M’sieur ? 
Il ignore tout ce beau monde, et parcourt la foule du regard. Un homme mince, habillé tout en blanc, porte une pancarte avec son nom. Il s’approche : 
— Gopal ? 
— Oui, M’sieur. Bonjour, M’sieur Baptiste. M’dame. Je vais prendre vos bagages. 

L’homme prend leurs affaires et se fraye un chemin dans la foule. Ils le suivent, dociles, curieux de découvrir ce pays si différent de ce qu’ils connaissent."