vendredi 20 octobre 2017

Qui rêve de devenir écrivain ? Conseils...

Photo by Dustin Lee on Unsplash

Régulièrement, je croise des aspirants auteurs qui « adoreraient écrire un roman » mais ont du mal à commencer. Il n'existe pas de secret ultime. En revanche, quelques considérations à garder à l'esprit... 

1. Écrire
Aussi évident que cela puisse paraître, pour apprendre à écrire, il faut écrire. Combien de romanciers se rendent compte que leurs textes sont meilleurs à partir de la cinquantième page, simplement parce qu’ils se sont améliorés à force ? À chacun de trouver son fonctionnement ! Une heure par semaine ou par jour seront déjà un excellent début, à condition de s’y tenir. Toutes les réponses aux questions que vous vous posez se trouveront dans l’acte d’écrire ! Et plus vous écrirez, plus vous aurez envie de continuer… 

2. Ne pas se chercher d’excuse
Certains pensent qu’ils n’ont pas assez de talents, d’autres qu’ils ne savent pas faire où à l’inverse qu’ils n’ont rien à raconter… Rien n’est irréversible ! Lorsque l’on se confronte à la page blanche, l’inspiration finit par s’inviter. En noircissant des pages, le style s’acquiert. Ce qui nous renvoie au conseil numéro 1… 

3. Pourquoi écrire ? 
Il faut être honnête avec soi-même. Est-ce un besoin ? Une envie de reconnaissance ? Le souhait de faire découvrir un univers ? Partager des émotions ? Des histoires ? 
J’ai souvent lu qu’à l’origine de la création se trouvait une blessure. Malheureusement, je suis assez d’accord avec ce constat. Pour ma part, l’écriture est une souffrance et un plaisir. Souffrance parce qu’elle me confronte à mes démons. Plaisir parce qu’elle me permet de m’apaiser. J’écris… parce que j’en ai besoin ! 
À vous de vous poser la question… que cherchez-vous, dans l’acte d’écrire ? Si vous ne pouvez pas répondre, je vous invite à revenir au conseil numéro 1…

4. Persévérer
Vous avez certainement déjà lu qu’il faut, pour réussir, deux des trois composantes suivantes : la chance, le talent et le travail. 
De mon point de vue, la chance se provoque par le travail et la persévérance. Le talent s’acquiert également de cette façon. 
Au final, à force de travail (et de persévérance), vous y arriverez forcément. Et revoilà le conseil numéro 1 !

5. Se connaître
Chacun finit par découvrir son propre rituel. Assis à un bureau, dans un café, à la bibliothèque… Le matin, de cinq à sept ou le soir quand les enfants sont couchés… Ce peut être pendant les vacances, un mois entier dédié à l’écriture ! Confidence pour confidence, c’est ainsi que j’ai commencé… couteau virtuel sous la gorge. 
Dans la création également, à force d’écrire, vous en apprendrez beaucoup sur vous-mêmes ! Êtes-vous plutôt du genre à planifier avant d’écrire ou à vous laisser porter au gré de votre plume ? 
Bien sûr, pour vous cerner au mieux, il faut prendre ce temps d’écriture régulier et nous retournons sans surprise au conseil numéro 1 ! 

6. Se remettre en question 
Lorsque vous aurez couché des milliers de mots, il faudra prendre du recul. Voilà une partie bien délicate et à mon avis, le plus gros écueil pour la plupart des aspirants auteurs. Vous commencerez par vous tourner vers vos proches, qu’il s’agisse de votre famille ou de vos amis. Il y a fort à parier que vous serez encensé. Un texte nouveau, drôle, magnifique… Comment ? C’est toi qui as écrit tout cela ! J’adore… Quand est-ce que tu publies ? etc., etc.
Ne vous laissez pas avoir ! Ces retours ne sont pas objectifs. Ils sont bons pour le moral, et c’est déjà merveilleux, mais ils ne vous aideront pas à progresser. Premier écueil. 
Ensuite, vous allez vous tourner vers des lecteurs plus objectifs. Si vous êtes encensé à nouveau, c’est tant mieux. (Et je serais la première à vous envier ! Mes textes sont énormément retravaillés après lecture et relecture de mes bêta-lecteurs chéris…) 
Si, au contraire, les retours sont mitigés, réjouissez-vous ! Vous avez l’occasion de vous améliorer ! Alors, remettez votre texte en question et au travail ! Il faudra souvent réécrire une très grande partie de votre texte. Pour certains, c’est le plus difficile. Et trop d’auteurs n’acceptent pas la critique… Deuxième écueil. 
Enfin, faites taire cette petite voix saboteuse qui vous dit que vous n’y arriverez pas… Nous avons tous ce petit démon. Se fustiger en pensant qu’on est mauvais est vraiment contre-productif. Troisième écueil. 
Donc, continuez, continuez, continuez ! (Conseil numéro 1 !) 

7. Se fixer un objectif clair et à court terme
Écrire dix pages, un paragraphe, un synopsis, une description, une nouvelle, un poème… Quel que soit votre niveau, il y a toujours un objectif motivant que vous pouvez formuler. 
Aujourd’hui, mon objectif personnel est de terminer le premier jet de mon prochain livre avant la fin de l’année. C’est clair (une centaine de pages) et à court terme (quelques mois). 
Vous pouvez aussi vous fixer des objectifs à long terme et les décomposer à court terme… 
Cela dit, tout dépend de vous et de votre façon de faire ! Si vous avez besoin de planifier, vous pouvez, par exemple, vous fixer comme objectif de scénariser un texte. Si vous écrivez sans plan, cela peut être un objectif de nombre de pages… Mais rappelez-vous que personne ne vous connaît aussi bien que vous ! Un seul conseil : le numéro 1… 

8. Se diversifier
Je pense vraiment que l’écriture s’acquiert par la pratique. Participer à un concours de nouvelles, un appel à texte. Écrire dans un domaine nouveau, se challenger… Tout ce qui pourra vous permettre de réfléchir sur votre pratique, de tester de nouveaux genres, de nouveaux styles… Sans surprise, cela rappelle le conseil numéro 1 ! 

9. Lire
On l’aurait presque oublié tant il paraît évident, et pourtant… Il y a des livres que vous aimez ! Demandez-vous comment l’auteur a procédé, quels sont ses secrets, qu’est-ce qui vous fait vibrer ? Et lisez, lisez, lisez… Dévorez tous les livres que vous pourrez ! Tous les jours, un peu ! Dans les transports, le soir… Ne serait-ce que dix minutes ? Puis, lorsque votre appétit libriphage sera rassasié, remettez-vous à écrire. (N’est-ce pas le conseil numéro 1 ?)

10. Ne perdez pas votre temps.
Bannissez la télévision et les heures perdues sur internet ! Vous dégagerez de très nombreuses heures, chaque jour. Ces instants sont précieux, ils vous permettront de réussir… à écrire ! 


Et vous ? Avez-vous des secrets à partager sur votre façon de procéder ? 

mardi 26 septembre 2017

Vivre de son écriture ?

L'an dernier, j'ai pris la décision de me consacrer entièrement à l'écriture. J'ai appris beaucoup de cette expérience... 

Tout commence en septembre 2016, lorsque je publie La Vie ailleurs en même temps que je me prépare pour l'hôpital : je suis enceinte de neuf mois, la naissance est imminente ! 
Cette semaine-là, ce furent deux bébés qui naquirent. Une petite fille adorable et un livre numérique. 

Me voici à l'autre bout du monde, parce que mon époux vient d'y être muté. 
Me voici dans cet immense pays, l'Australie, où la garde d'enfants coûte trop cher. Beaucoup trop cher ! 
Me voici coincée à la maison, une place que je déteste. 
Me voici dans un pays étranger où je viens de débarquer, sans job, avec un bébé. 

Ma décision est prise : plutôt que de me morfondre, il faut profiter de cette occasion unique pour me consacrer à l'écriture ! 
Et pendant un an, je n'ai fait que cela : écrire et faire la promotion de mes livres. 
Je me flatte d'une jolie réussite. En commençant, je ne pensais jamais atteindre si rapidement mes objectifs en terme de ventes et de revenus. Oui, mais voilà ce que j'ai appris... 

1. Pour bien écrire, mieux vaut éviter la pression. 
C'était horrible de travailler tous les jours en songeant que de la réussite ou de l'échec d'un texte dépendait la suite de ma carrière. On a besoin d'avoir l'esprit libre, n'être pas contaminer par des pensées néfastes.

2. Mais un peu de pression aide à progresser... 
S’asseoir avec un stylo ou taper sur un clavier... l'acte d'écrire est créateur. Les idées absentes au début viennent progressivement et l'exercice qui consiste à se forcer ou à respecter une consigne imposée est incroyablement productif... La page blanche n'est pas une fatalité. 

3. Le temps d'écriture ne se mesure pas en temps écoulé. 
Entre l'idée, la maturation, le développement, la création et le résultat final, il peut y avoir de nombreuses années. Tout dépend de l'oeuvre, de ce qu'il y a à dire. Mais il n'y a pas de règle. Cela n'est pas nouveau. J'ai écrit mon dernier roman en trois mois, mais j'avais commencé à y réfléchir il y a deux ans. Alors, combien de temps dois-je retenir, pour les annales ? Deux ans ou trois mois ? 

4. Passer sa vie à écrire est difficile.
J'adore cela, c'est ma passion, mais j'ai besoin de faire autre chose, d'avoir d'autres activités. Pendant cette année où j'ai travaillé sur mes textes, sur des scénarios, sur des projets variés, j'étais incapable d'écrire le moindre email à des amis alors que j'étais plutôt prolixe auparavant... Je n'en pouvais plus. Je n'avais tout simplement pas envie, comme le chef cuisinier qui refuse de préparer le repas dans sa famille en rentrant ! 

5. Se connaître... 
Suis-je du genre à planifier ou à écrire librement ? Ai-je besoin de mûrir un thème pendant longtemps ? Quels sont mes points forts ? On vous répète pendant des années qu'il faut faire des plans... Quelle libération de découvrir qu'il y a des tas d'écrivains qui s'en passent ! 
C'est important de connaître son fonctionnement, savoir si l'on est plus efficace à certaines heures, si l'on a un rituel à mettre en place et lequel... 
Personnellement, j'ai besoin de m'isoler quand je commence à travailler sur un projet. Plusieurs heures en bibliothèque ou dans un café, le temps d'avoir un projet bien clair. Lorsque j'arrive à un premier jet/synopsis satisfaisant, j'arrive à me concentrer de façon plus morcelée. 

6. L'importance de se former...
Échanger avec d'autres auteurs, lire des livres de référence, découvrir de nouveaux auteurs et étudier les best-seller d'aujourd'hui... Je n'ai jamais autant passé de temps sur ma liseuse kindle que depuis que je considère la plateforme comme le centre de mon activité. 
Ecrire est un art, un métier... qui s'apprend en écrivant ! J'ai adoré lire des bouquins sur la scénarisation (avec lesquels je n'était évidemment pas toujours d'accord), échanger avec des confrères et amis, animer des ateliers d'écriture et découvrir le regard porté par l'autre sur cet étrange métier ! 

7. Ne rien attendre en retour
Le livre écrit et publié porte en lui sa propre existence. Comme un enfant nourri, choyé, élevé... lorsqu'il a quitté la maison, il passe parfois un coup de fil ou s'invite à dîner. C'est ce que je ressens lorsque je reçois un message "j'ai lu ton livre !" 
Parfois, il ne donne pas de nouvelles pendant des semaines et puis un jour, il sonne à la porte : "je n'ai pas eu beaucoup de temps, mais j'ai commencé à lire ton livre... 
Parfois, on ne sait pas. Nos enfants ont leurs petits secrets... C'est le cas de quatre-vingt-dix pour cent de mes lecteurs, soit 4500 personnes environ. 4500 inconnus qui m'ont lue et je ne le saurai jamais. Peut-être les croiserai-je dans la rue ? Peut-être est-ce vous qui passez sur mon blog... 
Le livre vit sa vie, dans l'esprit du lecteur... 

8. Savoir ce dont nous avons envie... 
Cela peut paraître évident, mais ce n'est pas si simple. Décider de vivre de son écriture, c'est se lancer dans une drôle d'aventure faite de redevances et de nombre de ventes. 
J'ai envie que l'écriture reste un plaisir.

9. Trouver son équilibre
Entre vie personnelle, vie professionnelle et passion. Pour être heureux. 


Alors, vivre de son écriture, une bonne ou une mauvaise idée ?
Tout dépend de ce que l'on souhaite. J'ai adoré la liberté de l'auto-entrepreneuriat, j'ai adoré m'occuper du marketing, de la communication, créer la couverture, mettre en page... 
Mais je veux garder ma liberté. Rien de plus désagréable que de se sentir soumis à l'obligation de publier.
Parce que je tiens à mon indépendance morale, financière et artistique, j'ai décidé de ne plus consacrer mon temps à l'écriture. 
Cela veut dire que j'entame une nouvelle activité professionnelle en parallèle : je serai moins présente sur les réseaux sociaux, moins active sur le blog. Mais n'ayez crainte... Mon prochain roman se prépare tout de même... 


vendredi 15 septembre 2017

Faut-il planifier ? Interview croisé...

Dans mon dernier post, j'expliquais que je venais de jeter des pages entière de texte... C'est de circonstance : avec Stéphane Arnier, un auteur que j'admire et avec qui je travaille régulièrement, nous venons de répondre à un interview croisé qu'il a mis en ligne sur son site.
Si vous vous demandez comment se passe la scénarisation et si un écrivain sait ce qu'il va écrire avant même que de rédiger, je vous invite à le découvrir...